Le monument aux morts de la paroisse d’Ustaritz

 

Tel est le titre d’un article produit il y a bien des années par Monsieur Pierre DASSANCE, l’une des anciennes « mémoires  historiques », de notre village et bien connue des UZTARIZTARS de souche. Nous le reproduisons, grâce aux bons soins de Monsieur Jean TANNEAU, président des anciens combattants, qui l’a extirpé de ses archives personnelles.

« Les habitants de notre petite ville ainsi que les touristes qui nous font l’honneur de venir jusqu’ici connaissent bien le très beau mémorial consacré aux UZTARIZTARS mort pour la FRANCE, lors des deux dernières guerres mondiales.

Il se compose à la base d’un socle comprenant le nom de chacun des militaires tombés au champ d’honneur. Dans sa partie supérieure il représente un soldat debout tenant à sa main droite une grenade qu’il s’apprête à lancer sur les lignes ennemies dans un geste superbe rappelant, sans doute intentionnellement, celui d’un joueur de pelote.

L’éminent sculpteur, Firmin MICHELET, membre de l’institut et lui-même Pyrénéen, originaire de TARBES, avait pris comme modèle un soldat du cru, Léon ELICEYRI et immortalisa ce dernier, à la différence que notre poilu local était……gaucher.

Telle quelle, cette représentation constitue l’une des plus émouvantes et des plus réussies dans le genre. Jusqu’à la 2 ème guerre mondiale, le monument était accompagné d’un canon pris à l’ennemi, qu’il fallut faire disparaître à l’arrivée des troupes allemandes. Chaque année, à la date du 11 novembre, anniversaire de l’armistice de 1918, une cérémonie du souvenir se déroule en ce lieu.

Inaugurée en 1922, le chef d’oeuvre de MICHELET n’a subi, au cours des 60 années écoulées, qu’un très légère dégradation momentanée vers 1930. Très rapidement réparée, le souvenir n’en demeure aujourd’hui que dans la mémoire de quelques anciens.

A cette époque donc, de jeunes garçons traversant l’enclos de l’ Eglise pour se rendre à l’école des frères des Ecoles chrétiennes : il n’y avait alors ni mixité ni car de ramassage ! Un jour, un des écoliers, peut-être désireux d’imiter son glorieux compatriote des tranchées, s’empare d’une pierre et la lance avec l’insouciance de ses jeunes ans en direction du monument sans se douter certainement que son jet atteindrait l’appendice nasal du poilu ; ce qui se produisit à la confusion du gamin.

Pour compléter la partie disparue, il ne pouvait être question de recourir à l’artiste d’origine. Un compatriote très doué, Michel HIRIGOYEN, de Chopolo, se présenta et s’y affaira, grimpé sur un échafaudage de fortune. Le travail fut effectué à la satisfaction générale et depuis cette mésaventure, le vaillant combattant d’USTARITZ demeure dans toute l’intégrité de sa belle attitude pour le plaisir de ceux qui l’admirent légitimement. »

En contribuant à rappeler ces épisodes du passé, nous souhaitons non seulement apporter notre modeste contribution à un « devoir de mémoire » à l’attention des jeunes générations ; mais aussi rappeler que ces combattants sont morts pour nous et notre « terre des pères » !

Ce serait matérialiser la vie du soldat, de penser qu’il est avant tout un homme qui tue ; le vrai soldat est un homme qui offre sa vie pour sauver sa patrie, pour en défendre les foyers et le patrimoine intellectuel et moral d’un peuple !